MES TOURNANTS ROVIGO

 

« Ainsi que les pluies d’hiver nous apprennent, dans les silences d’une intime grâce, l’univers de nos chambres,
nous avons été conduits par le temps de la guerre à mieux connaître nos biens ultimes. »

Max Pol FOUCHET

Mes Tournants Rovigo
Album : Mes Tournants Rovigo

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Mes Tournants Rovigo commencent très loin.

Bien avant d’être amputés de leur première partie, devenue rues Dumont d’Urville et rue Henri Martin, ils étaient déjà les Tournants Rovigo.

C’est au square Bresson que commence vraiment l’incroyable serpentin de virages plus ou moins aigus qui de cette place aux petits ânes emmènera haut, très haut, vers le large boulevard de la rampe Vallée, plus loin vers El-Biar.

Dans ce long parcours chaque virage frôlera de plus ou moins près la Casbah sur sa droite, traçant ainsi une ligne sinueuse, du port d’Alger au point le plus bas, jusqu’à Barberousse au plus haut.

Le square Bresson ne voit jamais la lumière du soleil : les arbres serrés sont extrêmement touffus et à feuilles persistantes. Il fait bon, même aux plus étouffantes chaleurs, ce qui doit bien soulager les petits ânes qui semblent tourner depuis toujours.

La rue Bab-Azoun est là toute proche, mais elle annonce un autre monde qui n’est pas celui des Tournants : la place du Gouvernement, Bab-el-Oued…

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Publié dans : Mes Tournants Rovigo | le 28 février, 2010 |39 Commentaires »

LA RUE DUPETIT-THOUARS D’ALGER, DE LA CITE BISCH AUX 4 CANONS

Rue Dupetit-Thouars
Album : Rue Dupetit-Thouars

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Du poète vagabond François Villon, au corsaire Sampiero Corso, venus entourer cette incroyable rue en tire-bouchon, le Grand Amiral français Dupetit-Thouars saurait-il devenir conteur de nos jeunes années lui qui a tout entendu ?

Se souviendrait-il de la romance de Maître Pathelin ou du perroquet corse amateur de sardines qui enchantaient le voisinage par la touche de malice que chacun savait y voir ?

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LES ESCALIERS D’ALGER

Escaliers d’Alger que de sueurs je vous dois !

Pour vous avoir escaladés d’innombrables fois je me dois de vous dire.

Pentus, raides, en colimaçon ou sinueux, éclatants de lumière ou inquiétants par vos dédales obscurs, vous avez épousé toutes les formes.

Est-ce pour nous surprendre à chaque ascension, ou nous éviter la monotonie de la montée ?

Certains d’entre vous, généreux, offrent des paliers de repos à l’image des plongeurs s’aventurant dans les profondeurs marines par paliers de décompression. D’autres au contraire, ciblent le sommet d’une seule traite, sans égard aucun pour notre essoufflement qu’ils ignorent.

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L’ECOLE DORDOR

Ecole Dordor
Album : Ecole Dordor

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L’école Dordor est située au croisement de trois rues :

la rue Dupuch qui naît au carrefour du Cadix, dans les tournants Rovigo, pour se terminer au Gouvernement Général ;

la rue Saint Augustin sur l’arrière de l’école, où se tient un marché très animé : elle aboutit route des quatre canons, proche du Fort l’Empereur ;

la rue Levacher enfin, qui par une suite d’interminables escaliers aboutit rue d’Isly dans le centre de la ville, dans le sens de la descente d’un côté : pour venir se perdre à son autre extrémité, dans le sens de la montée, sur les premières hauteurs de la ville, rue Dupetit Thouars.

L’entrée de l’école se situe rue Levacher – c’est une école de la République, comme des milliers d’autres à l’époque en France, en Algérie.

Pour des dizaines de milliers d’entre nous elle restera à jamais non pointl’école de la République, notion tout à fait lointaine et abstraite, mais « Dordor ». Entrer à « Dordor », passer son BEPC à « Dordor », en avoir été, avoir connu ses maîtres sévères ou indulgents, est un titre de gloire dont nous sommes plus fiers que de tous les diplômes glanés ensuite dans les écoles supérieures de ceci ou cela ;

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Publié dans : L'Ecole Dordor | le 27 février, 2010 |10 Commentaires »

DE QUELQUES LIBRAIRIES D’ALGER

A gauche sous l'auvent, la librairie Relin

A gauche sous l’auvent, la librairie Relin

Dans l’Algérie des années 50, trois librairies d’Alger se démarquent dans ma mémoire pour des raisons fort différentes.

Soubiron me vient immédiatement à l’esprit, non par son style, mais plutôt par l’importance qu’avait prise cette librairie dans le panorama du livre en Algérie.

En effet, Soubiron est le fournisseur principal de l’Education Nationale qui achète là ces milliers de livres mis gracieusement à la disposition des élèves.

Marché d’autant plus conséquent si l’on songe que les autres livres, non offerts ceux-là, seront aussi achetés chez Soubiron.

D’où l’aspect de ce lieu très vaste, tout en longueur à l’angle des rues Dumont D’Urville et de Tanger, où nous aboutissions à chaque rentrée scolaire, face au restaurant El Baçour réputé pour l’excellence de sa cuisine orientale.

La librairie Soubiron : un lieu actif, un peu impersonnel qui ne prête guère à la flânerie ; on y vient sûr de trouver sa géographie Gallouédec et Maurette ou son Isaac et Mallet. Comparable à cette époque à ce que sont devenus « Gibert Jeune », à Paris, Boulevard Saint Michel, le Furet du Nord à Lille, ou Mollat à Bordeaux.

Ses vitrines exposent peu de livres d’art mais plutôt mappemondes petites et grandes, boîtes de compas et de peinture, et en fond de vitrines quelques unes de ces étonnantes cartes de France, introuvables aujourd’hui, qui nous apprennent que « Notre pays a quatre grands fleuves : la Seine, la Loire, la Garonne et le Rhône », ce qui n’était peut-être pas tout à fait suffisant à parfaire notre connaissance de cette terre d’Algérie que nous habitions….

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Publié dans : De quelques librairies d’Alger | le 26 février, 2010 |2 Commentaires »

MES 400 COUPS DE CINEMA ALGEROIS

Cinémas algérois
Album : Cinémas algérois

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 Le public algérois aimait-il le cinéma ?

La réponse tient dans un nombre : plus de cinquante salles à Alger en 1962 !

Des plus grandes aux plus petites, des plus luxueuses aux plus modestes, de Bab-el-Oued à Hussein Dey, avec une répartition plus importante sur l’axe royal rue d’Isly – rue Michelet.

Deux grandes périodes d’apparition de ces salles : avant et après 1945.

Les quinze dernières années ont vu en effet fleurir un assez grand nombre de salles d’aspect extérieur et intérieur plus attrayant, lumineux, d’une capacité notoire, et situées uniquement dans le centre ville.

Les noms mêmes quelque peu immodestes de ces grandes salles, le Versailles, le Paris, l’Empire, comparés aux salles anciennes aux noms convenus, le Lux, le Rio, le Midi-Minuit, indiquent bien l’évolution d’un public qui souhaite que le spectacle soit à la fois sur l’écran et dans la salle.

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Publié dans : Mes 400 coups de cinéma algérois | le 26 février, 2010 |Pas de Commentaires »

TROIS BAUDETS CHEZ SAINT AUGUSTIN

Trois Baudets chez Saint Augustin
Album : Trois Baudets chez Saint Augustin

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Le public algérois de l’entre deux guerres n’était guère habitué à l’esprit persifleur des cabarets montmartrois. Certes le Casino Music-Hall de la rue d’Isly lui donnait depuis des décennies toutes les satisfactions que l’on peut attendre de « Revues », composées de jolies danseuses dénudées jusqu’aux limites de ce que la décence permettait alors, soit à des années-lumière de ce que propose le plus prude des cabarets parisiens actuels. Ces danseuses évoluaient sur une scène spacieuse, aux rythmes d’un orchestre maison de bonne tenue où se produisaient même quelquefois, en remplacement, quelques solistes de l’Opéra d’Alger, tout proche.

Ces danseuses n’étaient pas le moindre attrait du spectacle, mais elles n’en constituaient qu’une partie. Artistes de variétés, chanteurs, prestidigitateurs concouraient à faire une agréable soirée de Music-Hall où intervenait même un humoriste, Dumiel, qui durant plusieurs saisons divertit le public par un humour de Cabaret qui n’avait rien de montmartrois, mais par lequel il savait « épingler » la vie publique de la capitale algéroise.

Les plus grandes vedettes du Music-Hall français de l’époque étaient aussi les invitées du Casino : Marie Dubas, Mistinguett, Tino Rossi, etc…

Ce Casino, propriété des Frères Cazes, et situé au tout début de la rue d’Isly a bénéficié en son temps d’un emplacement idéal au cœur de l’Alger moderne, tout près des grandes librairies et d’une belle salle de cinéma l’Olympia.

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Publié dans : Trois Baudets chez Saint Augustin | le 26 février, 2010 |Pas de Commentaires »

LE CONSERVATOIRE D’ART DRAMATIQUE D’ALGER

Le Conservatoire
Album : Le Conservatoire

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Le Conservatoire d’Art dramatique d’Alger, jusqu’à l’indépendance de l’Algérie en 1962, est situé dans le bâtiment de l’Ancienne Mairie d’Alger 3, Boulevard de la République, à quelques pas de la place du Gouvernement.

Les locaux sont situés sur les deux derniers étages du bâtiment, au 2ème et au 3ème.

Au 2ème étage : les classes de musique, de chant et

de l’Administration.

Au 3ème  étage : les classes de danse et d’art

dramatique.

Les deux salles de classe d’art dramatique sont spacieuses et lumineuses. Elles sont équipées d’une estrade tenant lieu de scène.

Trois professeurs d’art dramatique ont marqué les trente dernières années de la présence française jusqu’en 1962 : Paule Granier, Reine Marodon, Géo Wallery.

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LA TROUPE DE RADIO ALGER

La Troupe de Radio Alger
Album : La Troupe de Radio Alger

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S’il y eut une Radio dont l’influence artistique fut considérable sur le public ce fut bien celle d’Alger dans les années de l’immédiate avant guerre, jusqu’à l’arrivée de la Télévision en Algérie en 1957, et même bien au-delà.

Les premières émissions de Radio, en Algérie, se déroulent dans des locaux mis à disposition dans l’immense bâtiment du « Gouvernement Général » tout prés de cette place du « Forum », plus tard haut lieu historique dans les années 60.

Dans ces locaux, situés rue Berthezène, chaque jour un bulletin d’information est diffusé avec déjà une météo. L’illustration musicale se compose pour l’essentiel de disques ou d’interprétation, en direct, dans le studio. Aucun enregistrement n’existant encore à l’époque.

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Publié dans : La Troupe de Radio Alger | le 25 février, 2010 |20 Commentaires »

LE CABARET STUDIO 3 DE BORDEAUX-AQUITAINE

En 1965 un directeur de la station régionale de la RTF (Radio Télévision Française) s’ennuie dans son établissement un peu austère de la rue Ulysse Gayon – Maurice Hutin est parisien, il appartient à une lignée de journalistes – il le fut lui-même au Journal « Le Matin » avant d’intégrer la RTF. Le Bordeaux des années 1965 est encore très gris – La seule grande manifestation artistique est le « Mai Musical » – Mais Maurice Hutin, d’une nature plutôt réservée ne goûte guère ces fastes bordelais.

Il souhaite que sa station s’anime, que les portes s’ouvrent, que les studios soient le centre d’accueil d’une vie artistique, et deviennent des lieux de rencontre conviviaux.

Cette volonté est partagée par le Chef des services artistiques arrivé en même temps que lui à Bordeaux : Charles Imbert –

Charles Imbert assurait jusque-là, à Paris, la chronique musicale de France Inter après un joli début de carrière de chanteur de variétés, ce qui lui vaut d’avoir d’excellentes relations avec plusieurs auteurs compositeurs des années 50/60.

Tous deux décident d’ouvrir largement au public un des studios de la rue Ulysse Gayon :

Le studio 3.

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Publié dans : Le Cabaret Studio 3 de Bordeaux-Aquitaine | le 23 février, 2010 |18 Commentaires »
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